Fait rarement beau temps pour le Jeanne d'Arc.
On a jadis eu -10°, on a eu la grêle, la pluie... c'est octobre, là c'est déjà pas mal, c'est modéré !
Eu la flemme de pousser jusque Lyons. Donc pas vu, tant pis.
Une pensée et un coup de chapeau pour Yvon qui pendant des années a eu la classe de gérer le rallye avec équilibre et bon sens avant de passer la main, et qui donnait au relationnel de cette manifestation ses lettres de noblesse.
Dommage surtout qu'au fil des ans les autos les plus spectaculaires et rares disparaissent du paysage. Mais elles correspondent peu il est vrai à la cucunouillerie des élus locaux quant à la traversée de leurs villages par cette "horde dangereuse" (houlàlàlàlààààà....)
[remarquez que, dans un autre genre, il faut se souvenir qu'en 1973, le premier ministre d'alors, Messmer pour ceux qui s'en souviennent, vu la récession pétrolière avait carrément ordonné la suspension de tout rallye automobile !!! A cette époque Enzo Ferrari avait suggéré qu'on fasse tourner les autos au méthanol ou je ne sais pas quoi dans le genre pour éviter cette interdiction]
Enfin bref dommage que le JA historique manque de vraies bêtes de course (je sais, la Stratos dérangeait les chasseurs, on a même eu des menaces un dimanche matin parce qu'elle faisait "fuir le gibier", on a bien cru qu'on allait se faire plomber !), et les anciens nous manquent.
A espérer qu'il y aura un peu de neuf dans la liste pour la prochaine édition, parce que ça va finir par devenir un amusement entre potes au lieu d'un hommage à l'histoire du rallye.............................
En une vingtaine d'années, le Jeanne d'Arc a vu passer des personnalités
qu'il serait bon un jour de voir à la remise des prix, histoire de se souvenir :
François CHATRIOT, Bernard DARNICHE, Guy FREQUELIN, Jean TODT, pour n'en citer que quelques uns, et bien entendu l'incontournable Jean-Luc THERIER qui à lui seul pouvait alimenter les chroniques tant par son talent que sa personnalité tous deux exceptionnels.

Ayant eu la chance de partager un repas de fin de rallye avec lui, je glisse cette relique du bon vieux temps entre deux tranches de XXIème siècle bien rangé :
nous sommes en 1968 (qu'on rectifie si ma mémoire me trompe), et les concurrents du Jeanne d'Arc en ont vraiment, mais vraiment MARRE de voir gagner Thérier.
Ils concoctent donc, en bons camarades comme il se doit, une entourloupe aussi simple qu'efficace, censée le ralentir suffisamment pour ENFIN leur laisser une chance :
la veille du départ, ils invitent son co-pilote à prendre un pot, ... et de verres en bouteilles finissent par le saouler, compte règlé pour de bon, rétamé, inopérationnel on peut pas plus !
Voici donc notre Jean-Luc au matin du départ, deux mains pour le volant et le levier de vitesse, mais une fonction road book qui cuve dans ses limbes...
Démonté ? Inquiet ? Noooon (faut le connaître...) on n'arrête pas un fou pareil aussi facilement !
Il trouve ce qui lui tombe sous la main, bidouille le siège passager en position couchette (pas franchement prévu pour...), y ficèle l'endormi, et prend le départ sous le regard narquois de ses collègues.
Bon, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu quelques erreurs d'aiguillage et des points envolés, mais la sauvagerie caractéristique de son pilotage lui faisait immanquablement reprendre la tête.
Le co-pilote finit par émerger, ...........à l'arrivée.
Therier avait fait la route seul,
il arrivait gagnant.Un hommage à cet incroyable pilote qui mène toujours les Berlinettes à un train d'enfer (par contre, ne lui demandez pas de tenir compte de la régularité, il est incapable de se retenir !),
en rappelant que, depuis son accident sur Citroën qui lui a fait perdre l'usage d'un bras,
c'est d'
une seule main qu'il les conduit,
sans aucun aménagement (vu de mes propres yeux lors d'une édition passée du Jeanne d'Arc !) et il gagne toujours au temps...

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